Pourquoi réformer est si difficile

Publié le par Patrick d'Elme

On voit combien, en ce temps où la volonté de réformer le pays est réelle de la part du pouvoir politique élu, la France renâcle. Fonctionnaires, magistrats, avocats, avoués, enseignants, taxis, et tant d'autres, manifestent pour qu'on ne touche pas au statu quo. S'agit-il seulement de "préserver des avantages acquis", d'égoismes corporatifs? Ce serait trop simple. En fait, c'est d'une peur de l'avenir dont il est question, parce que l'avenir est inconnu alors que le passé est sûr.
Cette disposition de l'esprit est commune à de multiples situations, et des proverbes l'illustrent. Dans un assortiment, il est beaucoup plus difficile de supprimer une référence que d'en ajouter une. D'où le poids de l'historique. Or l'un ne devrait pas aller sans l'autre. Mais supprimer une référence, c'est se priver d'un chiffre d'affaires connu, en ajouter une, c'est espérer sans certitude. Et puis supprimer, c'est faire de la peine à quelqu'un, ajouter, sur le moment, c'est que du bonheur. Champagne!
Il en est de même dans bien des moments de la vie plus essentiels. Quitter, une maison, une ville, un pays ne se fait pas toujours sans regrets. Quitter une femme, des enfants, une famille, un job, c'est souvent une décision déchirante, même si c'est pour rejoindre un ciel qu'on imagine plus bleu.
Voilà ce qui explique sans doute pourquoi il est si difficile de réformer, pourquoi les nouvelles lois, les nouveaux décrets s'ajoutent aux anciens au lieu de s'y substituer, simplement parce que supprimer est beaucoup plus douloureux que créer.
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C
Karl, ça va mal ton affaire. Parce que du passé, nous ne savons, voulons ou pouvons faire table rase. Là, ce n'est pas un proverbe qui en prend plein les dents, mais un chant.<br /> <br /> « Debout ! les damnés de la terre<br /> Debout ! les forçats de la faim<br /> La raison tonne en son cratère :<br /> C’est l’éruption de la fin<br /> Du passé faisons table rase<br /> Foule esclave, debout ! debout !<br /> Le monde va changer de base :<br /> Nous ne sommes rien, soyons tout ! »<br /> <br /> L'ami Fidel, dont l'arme à gauche du pouvoir vient de passer et le champ d'expérimentation se «recapitaliser» de son mort-vivant, en discutera bientôt avec toi.<br /> <br /> Cela dit, très intéressants articles sur les révolutions dans un numéro de «Marianne» assez récent.
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