Touche pas à mon pouvoir

Publié le par Patrick d'Elme

Les enseignants, dont nous savons tous qu'ils sont débordés, ont réussi à trouver du temps libre pour se ruer massivement contre note2be.com, site qui prétendait donner la parole à leurs élèves et étudiants pour les évaluer. Invraisemblable! Inadmissible! Irrévérencieux! De partout fusent les cris d'horreur, syndicats tous d'accord et même le ministre... à quelques semaines des municipales. Non, il appartient aux "inspecteurs" d'inspecter les profs, aux "professeurs" de professer, aux "étudiants" d'étudier. Chacun à sa place. Décidément, en mai 68 on n'a pas pris la Bastille... et peut-être même pas la parole.
N'importe qui fait de la formation sait qu'à la fin de la session les stagiaires vont remplir un formulaire d'évaluation. Pour en avoir fait plus d'une, je peux dire que ce n'est pas toujours gratifiant. Mais c'est comme ça, c'est la vie, c'est ce que pensent les clients. Pardon? Vous avez-dit "client"? Oh! qu'il est gros le mot! 

L'Education nationale n'a pas de client, elle a une mission. Certes, elle est loin de la remplir, puisqu'un élève sur deux ne sait pas lire en sixième, mais nul n'est en droit de lui demander des comptes, pas même les contribuables qui paient les salaires des enseignants.

Pire qu'un mammouth, quelle citadelle! Je ne connais qu'une autre corporation jouissant de tels privilèges, où l'on se coopte, où l'on fixe les règles du jeu entre soi, où l'on ne rend pas de comptes de son incompétence, c'est celle des juges et magistrats, ceux de l'affaire Szeznec, exemple parmi beaucoup d'autres, qui, même un siècle plus tard, ne veut pas prendre le risque de déjuger ses ancêtres.

Pas le droit de juger les uns, pas le droit d'évaluer les autres. C'est le bonheur du monopole. André Essel, le fondateur de la Fnac disait: ceux qui ont le pouvoir, ce sont les clients, ils votent avec leurs pieds. Allez donc voter avec vos pieds pour choisir vos écoles ou votre juridiction! Et pourquoi accepterions-nous d'être définitivement leurs esclaves?

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G
Cette chronique me donnerait-elle raison de chercher comment mêttre l'Education Nationale au pied du mur dans sa responsabilté de restreindre l'accés au sport pour des millions d'enfant français ?
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