Du nouveau chez Carrefour

Publié le par Patrick d'Elme

En 1958, à Annecy, puis en 1963, à Sainte-geneviève des Bois, la première raison d'être de Carrefour c'était le "discount" (plus le parking, le libre-service et tout sous le même toit). Aujourd'hui la voiture n'a plus la cote, le libre-service est partout et l'assortiment est plus intéressant chez les grandes surfaces spécialisées. Autant dire qu'il ne reste pas grand chose aux hypermarchés en général, et à ceux de Carrefour en particulier, pour attirer les clients, sinon les prix bas.

A la fin des années 70, Carrefour inventa les Produits Libres, notamment libres d'emballages colorés et de publicité, donc sensés être moins chers...(et, de fait, ils l'étaient, surtout parce qu'il n'y avait pas besoin d'un réseau de représentants pour les vendre!). Opération tout de même soutenue par de massives campagnes de publicité qui ont fait la fortune et la gloire de Jacques Séguéla. Hélas! contrairement à l'enthousiasme de notre publicitaire national, les consommateurs n'étaient pas très enclins à acheter ces produits qu'ils appelaient au mieux les "produits Carrefour", au pire les "produits blancs".

Donc, au début des années 80, on inventa les "produits Carrefour", puisque c'est ainsi que les appelaient les clients, et on mit des couleurs sur les emballages. Le slogan était: "Aussi bons, moins chers". Et cette MDD, comme on dit, c'est-à-dire cette "marque de distributeur" connut un grand succès qui ne s'est pas démenti.

Puis à la fin des années 80, Carrefour déjà sérieusement attaqué par les "hard discounters", malgré le pare-feu qu'il avait lui même créé avec les magasins Ed, mit en rayon des produits "premiers prix", c'est-à-dire moins bons, mais encore moins chers.

On aurait pu penser avoir ainsi résolu la quadrature du cercle ! Pas du tout. Les journaux nous apprennent  que Carrefour développe une gamme de produits encore moins chers, low-coast selon le terme à la mode.

Il est peut-être un peu tard. La gloutonnerie des actionnaires majoritaires ayant depuis plus de 15 ans flingué les gênes originaux du discounter, et les clients s'en étant aperçus - comme toujours -, il est probable qu'ils ne reviendront pas si facilement... Sans doute serait-il plus intelligent de réfléchir à une utilisation tout à fait différente des milliers de M2 qui restent sur les bras de Carrefour...
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