Champion de quoi ?

Publié le par Patrick d'Elme

Je lis beaucoup la presse, quand les 150 imbéciles du syndicat dissident de la CGT (on aura tout vu!) ne m'en empêchent pas. J'y remarque un propos intéressant ,et tout au moins optimiste: "après la crise, le monde ne sera plus comme avant". Un peu banal, certes, mais une bonne nouvelle tout de même, parce qu'avant il était pas terrible.

L'auteur de ce propos redessine le monde: A la Russie l'exploitation des richesses fossiles, à la Chine celle de ses deux milliards de bras (soit un milliard d'individus: la Chine baptisée 'l'Usine du Monde'), à l'Inde le privilège d'être 'le Bureau du Monde', c'est-à-dire une sorte de géante Silicon Valley rassemblant les génies planétaires. Si ceci s'avère vrai, bravo l'Inde qui sera entrée dans le troisième millénaire par la bonne porte.

Mais quid de l'Europe et des Etats-Unis ? Le tiroir caisse mondial d'outre-atlantique semble pour le moins ébranlé : la liquidation du gang Lehmann Brothers par le gang Golden Sachs n'étant pas du meilleur effet, ajoutez-y les subprimes (où comment s'endetter tout seul pour mourir plus tôt), plus quelques guerres ici ou là dont les initiateurs ne savent même plus le pourquoi du comment (si ce n'est faire tourner les industries d'armement U.S.),  et l'on voit bien que l'Amérique de demain, sauce Obama ou McCain, a quelque souci à se faire pour revendiquer son positionnement de moi-moi-maître-du-monde.

Et l'Europe, l'Europe vous dis-je ? On pourrait imaginer qu'elle prenne le leadership du développement durable, qui crée des emplois, pulse l'innovation technologique, assure l'indépendance énergétique (+ eau) des pays, et, ce qui n'est pas rien, est réputé bon pour la santé. Quand on n'a pas le sous-sol, les bras, la technologie, la finance, il faut bien se trouver un espace pour exister. Un truc qui aurait du souffle, côté conquête de la lune, si vous voyez ce que je veux dire, une artère un peu plus grosse que notre "Grenelle de l'Environnement", dont nous sommes si fiers, mais qui ne débouche que sur quelques 'écotaxes' supplémentaires, ça aurait de l'allure.

Mais, pour l'instant, à part quelques milliers, millions, milliards d'euros (on s'en fout) investis virtuellement (cautions) ou réellement (entrées dans le capital) par l'Etat et notre bien-aimé Souverain, je ne vois toujours pas quel est le grand projet collectif qui pourrait porter, pour les Européens, l'idée d'être dans 10, 15, 20 ans le "champion" de quelque chose.

Beaucoup de gens confondent l'urgent et l'important. C'est vrai que sans présent il n'y a pas d'avenir. Mais c'est vrai aussi que sans avenir, le présent n'a pas de sens.

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P
c'est tout à fait vrai patrick, mais concernant la fin de ton article, je crois avoir une réponse quand même: le MUR !!!<br /> mais comme à priori il est construit en carreau de platre toutes ces belles démocraties ne devraient avoir de mal à les ébranler.
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