Indécrottables !

Publié le par Patrick d'Elme

Avant d'aller plus loin, je dois préciser que j'ai commencé ma carrière comme instituteur (métier élevé depuis au rang de "maître des écoles", mais sans valorisation de la feuille de paie) et que j'ai passé trois pleines années (de courant 65 à février 68, tiens-tiens ?) au sein de cette grande, très grande institution qu'on appelle "l'Education nationale". A l'heure de l'Europe et de la mondialisation, peut-être devrait-on s'interroger - dans l'intérêt des élèves - sur l'importance du mot "national". L'idée de privilégier la pratique des langues "étrangères" ne pourrait nuire. Des années plus tard, j'ai été nommé par Lionel Jospin, ministre de l'Education nationale (la même) chargé de cours (ou quelque chose comme ça) à la Sorbonne et plus précisément au Celsa, l'unité spécialisée en communication. J'avais une belle carte barrée bleu/blanc/rouge, c'était le bon temps!

Tout ceci pour vous dire que je n'ai rien contre cette corporation où, comme partout, on trouve le pire et le meilleur. Le pire, plutôt chez les administratifs, les responsables syndicaux, les inspecteurs et autres du même accabit, c'est-à-dire chez les p'tits chefs,  le meilleur, souvent, parmi ceux qui sont sur le terrain et qui se battent avec le réel.

Il y avait dans l'air du temps une assez bonne idée, c'était de mettre un peu d'évaluation dans le système. Comme c'est le cas dans toutes les entreprises... et même maintenant pour les chômeurs. Il ne s'agissait évidemment pas de mesurer la performance de chaque instit (pardon "maître des écoles!) par rapport à "son" CE 1 ou CM 2, mais de voir si certaines "académies", comme on dit, étaient notoirement plus mauvaises (ou meilleures) que d'autres.  Ce qui est une réalité. Et de le dire aux consommateurs (pardon encore une fois, aux "parents d'élèves").

Bien sûr, vous voyez se profiler derrière ce type d'investigations plein de choses désagréables : combien d'enseignants sont-ils affectés réellement à l'enseignement des élèves, combien sont "détachés" auprès des syndicats, combien se font, plus que d'autres, porter pâles, etc. Et pouquoi pas des statistiques tant qu'on y est ? Outrage !

Bref, M. Darcos a jeté l'éponge. La toute puissante FEN, qui avait eu la peau de Claude Allègre, le chasseur de Mammouth, continue de règner en maîtresse absolue. Et qu'importe que la fabrique à crétins en fabrique de plus en plus. Touche pas à mon école, touche pas à mes privilèges, et, surtout... ne te mêles pas d'évaluer mes compétences ! Ceux-là sont vraiment indécrottables.

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