Petite revue de presse

Publié le par Patrick d'Elme

Avec l'arrivée des infos à la radio (certes, ça commence à dater), puis des journaux t.v. (d'accord, ça fait déjà un moment...), puis des chaines spécialisées info (bon, ça c'est plus récent!), puis d'Internet pour tous, enfin des gratuits diffusés à l'entrée de tous les transports en commun, il est normal que la presse quotidienne payante s'interroge sur son avenir.

Mais il n'en ressort pas grand chose de professionnel... ou plutôt, ce qui en sort est décousu, étrange, difficile à mettre en perspective... Ainsi, ce jour même "Aujourd'hui" titre sur "la forte progression des violences conjugales", tandis que "Le Monde" parle de "la forte progression des plaintes pour violences conjugales". Qui croire ? Ca peut paraître anodin, mais ça veut dire exactement le contraire: si la violence conjugale progresse, c'est un malheur, si les victimes se sentent plus libres et portent plainte, c'est un progrès.

"Libération" publie un spécial Chine. Initiative pédagogique et donc bonne idée puisqu'on est sensé mieux comprendre après lecture. Mais comment interpréter que "400 millions de Chinois vivent toujours avec moins de deux dollars par jour", quand nulle part ne nous est dit ce qu'on peut acheter en Chine pour deux dollars ? Quand nulle part ne nous est dit si les Chinois payent l'eau, l'électricité, le téléphone, le loyer, l'accès à la santé, les manuels scolaires, etc. ? Que comprendre ? Pourquoi faire du journalisme "à moitié"?

Dans ce même numéro spécial, peut-être pour contrebalancer la charge des "moins de deux dollars", il nous est expliqué que la Chine a planté 53,3 (admirez le virgule 3!) millions d'hectares de forêts "depuis les années 50" (là, on n'est plus à une virgule près). Et d'ajouter: "plus que tout autre pays du monde". Mais ça ferait quoi chez nous 53,3 millions d'hectares ?

"Le Monde", encore lui, se "repositionne" en publiant désormais en page trois des sujets "sensibles": aujourd'hui, "le père expulsé, la famille brisée". C'est bien, ça met un peu d'humain au milieu de nos froids et savants analystes et experts de tous poils qui chaque nuit dorment bien au chaud dans leur petits draps roses. Mais quelle horreur que cette histoire d'Oumar Diallo, qui ne peut plus voir son fils et sa femme que de loin en loin que par webcam interposée, alors qu'il n'avait aucune raison d'être expulsé si ce n'est l'application mécaniste du règlement par des fonctionnaires protégés. Des relents de Vichy... Et on ne peut même pas le reprocher à Hortefeux... c'était en 2006.

Demain je vous parlerai d'un article du Point où l'on voit comment la CGT finira par avoir la peau de France 3, avant même peut-être d'avoir celle de la presse écrite (quoique l'opération soit déjà bien engagée).
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G
Très très bon post avec un dernier paragraphe qui m'a fait mourir de rire.<br /> <br /> Et oui, le journalisme parcellaire est de plus en plus monnaie courante, essentiellement parce que le journaliste veut marquer alors que si on commence à essayer de comparer ce qui est comparable c'est plus compliqué. Et quand Aujourd'hui titre que les violences conjugales explosent c'est un phénomène de société qui dérange qui fait sensation, alors que la hausse des plaintes (de toutes façons on ne peut pas mesurer la variation des violences conjugales réelles, puisque la part des violences non déclarées (i.e. pour lesquelles aucune plainte n'a été déposée) est très importante) déposées pour violence conjugale est juste une information (on achète pas un journal pour cette info, ce dossier).<br /> <br /> A la limite, le jour on constatera une forte baisse du nombre de plaintes déposées pour violence conjugale, il y aura vraiment matière à s'inquiéter sur l'état de notre société que cette statistique décrira.
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