Vive la concurrence ? Trop tard !

Publié le par Patrick d'Elme

Bien sûr, la concurrence fait baisser les prix! Pas besoin d'être Mme Lagarde pour le savoir... Mais pour qu'il y ait concurrence il ne suffit pas de desserer le carcan des lois qui, de Royer à Raffarin (le plus stupide de tous) ont voulu "protéger le petit commerce", évidemment sans aucun succès, il faut aussi des... concurrents. Or, qui donc serait assez fou pour être un nouvel entrant sur ce marché principalement alimentaire tenu par six groupes (dont trois fédérations d'indépendants, une affaire familiale et deux entreprises inscrites au Cac 40) ? Qui donc serait assez fou pour s'attaquer à ce cartel où tous s'entendent comme larrons en foire, main dans la main avec les "gros fournisseurs", eux aussi inscrits au Cac 40 ?

Soyons sérieux. Les nouvelles surfaces (dites "hard-discount", rien de hard là-dedans) qui seront ouvertes, plus pour donner le change qu'autre chose, parfois pour combler quelques trous oubliés, seront la propriété de ces six groupes, comme le sont Ed, Lidl, Franprix et consorts. Rien donc à attendre de cette "nouvelle concurrence" qui n'aura rien de nouvelle.

En fait, pour la grande distribution, il ne s'agit plus de baisser les prix, puisque les positions sont acquises (à quoi bon se faire du mal ?), mais d'accroître ses résultats financiers. Or, dans un pays devenu exsangue, elle ne peut pas indéfiniment augmenter ses prix comme elle l'a fait ces cinq dernières années (pas par philanthropie, mais au risque de voir baisser ses volumes), elle ne peut plus gagner grand chose sur ses fournisseurs - les PME parce qu'elles les ont déjà essorées, les Marques parce qu'elles sont au moins aussi fortes qu'elle -, elle n'a plus le projet de s'ouvrir de nouveaux marchés, par absence de vision et d'ambition, ce qui avait fait sa force dans les années 80. Seule la carcasse de Leclerc fait montre de quelques soubresauts quand il s'agit de vendre des médicaments déremboursés (à noter, le silence radio des "concurrents" sur la question!).

Non, ce que tout le monde sait dans la profession, mais ce que tout le monde tait, c'est qu'on n'a pas plus besoin de caissières aujourd'hui qu'on n'a besoin de poinçonneur du métro à la station Lilas. C'est-à-dire que 300 à 400.000 emplois sont en sursis. Pas pour longtemps. Gare au premier qui tire, ils ont tous le doigt sur la gâchette. Et, d'après vous, où iront ces "gains de productivité" ? Dans la poche des clients ? Assez plaisanté.

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