Il faut sauver le soldat Kerviel

Publié le par Patrick d'Elme

Ce très précieux jeune homme nous révèle à son insu ce que nous savions déjà, mais sans preuves ni aveux : les banques, le système bancaire, la pensée bancaire s'apparente à un vaste système maffieu où tous les coups sont permis. La prochaine fois que vous serez "convoqué", vous, client, dans le bureau du sous-directeur de votre agence (ils sont toujours "sous-directeurs" ceux qui vous reçoivent, histoire de ne jamais pouvoir rencontrer un "responsable", un "décisionnaire"), dites-vous bien que vous n'avez pas affaire à un mauvais bougre, ne le mordez pas, mais à un esclave de puissances occultes dont il n'a même pas l'idée. Un pauvre type, ayez pitié.
Tenez, l'affaire Kerviel. Ce "très incompétent" trader, au 31 décembre 2007, n'avait fait gagner à sa banque qu'un milliard 471 millions d'€. A ce titre, il devait d'ailleurs percevoir une modeste récompense  (on appelle ça un bonus) de 300.000€. Làs!, le 18 janvier, son employeur "découvre" des engagements hors de propos. Au moment où il s'agit de boucler les comptes pour le Rapport annuel, ça fait tache. D'autant qu'après avoir annoncé en novembre que les pertes liées aux "Subprimes" ne dépasseraient pas 300 millions d'euros, il fallait faire passer quelque 2 milliards d'euros (sans compter les autres milliards cachés). Un train peut en cacher un autre.
Il paraît (entendu à la télé ce soir) que la crise de la Société générale est anecdotique. Bon, 5 milliards d'euros, c'est "anecdotique". Je le note. Et personne ne quitte le plateau, comme au joli temps de Michel Polac, pour dire que c'est un scandale!
Jérome Kerviel est heureusement sorti libre de sa garde à vue, mais mis en examen pour "abus de confiance". Si les mots veulent encore dire quelque chose, ne serait-ce pas un certain Daniel Bouton qui devrait en être taxé ? Sans oublier tous les membres de son comité éxécutif, courtisans d'hier et félons de demain?
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