Boycotter

Publié le par Patrick d'Elme

Boycotter, vient du nom de Mr Boycott, premier propriétaire anglais d'Irlande mis à l'Index, le saviez-vous? Pourquoi les consommateurs, en particulier Français, n'utilisent-ils pas cette arme ? Pourquoi, à l'époque du naufrage de l'Erika, Total n'a pas vu ses ventes baisser d'un litre? Nokia, qui a empoché 88 millions d'euros de subvention en 1995 pour s'installer à Bochum, en Allemagne, va maintenant délocaliser son site pour produire ses téléphones en Roumanie où les coûts salariaux sont près de dix fois moins élevés, parait-il. Mais les salaires ne représentent que 5% des coûts de production, paraît-il aussi. Il n'y a pas de petits profits. C'est d'un seul coup 2300 emplois perdus, plus ceux des sous-traitants et fournisseurs. Mais si les Allemands, sans attendre, boycottaient massivement la marque, ses dirigeants y réfléchiraient à deux fois. Le feront-ils?
Cette histoire m'en rappelle une autre. Il y a une vingtaine d'années, Hoover a fermé son usine de Dijon pour aller fabriquer ses aspirateurs ailleurs. Je m'occupais à cette époque de la communication de Carrefour et il me semblait qu'un boycott de la marque par la distribution serait immédiatement plus efficace pour peser sur la décision que d'attendre la mobilisation des consommateurs. Hélas! la marque avait tout prévu. Sachant plusieurs mois avant tout le monde ce qu'elle allait faire à Dijon, et anticipant des réactions telles que la mienne, elle avait proposé des promotions très attrayantes aux acheteurs pour cette période fatidique, et ceux-ci avaient acheté massivement les aspirateurs Hoover. Il fallait bien vider les entrepôts remplis! Les aspirateurs finirent en tête de gondole et les clients se les arrachèrent.
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