Texte Libre

Jeudi 13 novembre 2008
Comment nous y retrouver, comment s'y retrouvent-ils eux mêmes ceux qui délivrent des chiffres en tous sens. De zéro ("les caisses sont vides") à 1400 milliards d'euros de caution promis par l'Etat français... mais appuyés sur quels actifs ? La possession immobilière du patrimoine religieux par exemple ? Combien vaut Notre-Dame de Paris ? Est-ce un actif "liquide", comme on dit ?.

 Le liquidateur de Lehmann Brothers disait lui-même il y a peu dans Le Monde qu'il mettrait "des années à s'y retrouver", malgré les 1500 (sic) collaborateurs qui l'entouraient pour clore le dossier. Personne ne sait par exemple à qui appartient réellement la plus haute tour de La Défense, officiellement  propriété de la banque faillie. Dès lors, comment la vendre ?

24 milliards pour les PME françaises... qui ne les voient pas arriver et meurent chaque jour toutes un peu plus nombreuses.

45 milliards pour les banques qui, quoi qu'elles disent, continuent de restreindre le crédit, d'annuler des découverts auparavant autorisés, de tuer leurs clients au risque de se perdre elles-mêmes (cf. l'histoire de cet excellent DRH qui a force de supprimer des emplois inutiles avait fini par supprimer le sien...). Et chacun de dire dans les débats télévisés qu'il ne faut pas tirer sur les banquiers... quand même, on pourrait pas tirer un peu sur ces usuriers modernes ?

400 milliards investis par la Chine qui compte près d'un milliard et demi d'habitants,750 milliards de $ décrétés par le plan Paulson aux Etats-Unis... qui ne sait plus très bien où il doit les investir... Et l'Islande, et la Hongrie...

Pendant ce temps-là, le projet de coeur artificiel pourrait ne pas aboutir, après 15 ans de recherche, parce qu'il pourrait manquer... 100 millions d'euros.

Pendant ce temps-là, le projet de canal pour ressusciter la mer Morte, qui pourrait changer toute la géopolitique du proche Orient, redonner la paix et le bonheur aux femmes et aux hommes de ces régions usés par tant de guerres, est repoussé sine die faute de... 3,7 milliards d'euros nécessaires et que la Jordanie ne peut pas financer seule. Une misère par rapport à l'enjeu. Mais ils avaient fait comment nos anccètres de Suez et Panama ?

Pendant ce temps-là, on nous dit que 20 milliards de $ par an suffiraient à éradiquer la faim dans le monde. Elle coûte combien la guerre en Irak ?

Pendant ce temps-là, il y a toujours 10.000 SDF recencés sur le Grand Bordeaux où j'habite, et 10% de la population en dessous du "seuil de pauvreté"... pour l'instant fixé à 800 € par mois.

Bon Noël !
Par Patrick d'Elme
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Samedi 1 novembre 2008
Je lis beaucoup la presse, quand les 150 imbéciles du syndicat dissident de la CGT (on aura tout vu!) ne m'en empêchent pas. J'y remarque un propos intéressant ,et tout au moins optimiste: "après la crise, le monde ne sera plus comme avant". Un peu banal, certes, mais une bonne nouvelle tout de même, parce qu'avant il était pas terrible.

L'auteur de ce propos redessine le monde: A la Russie l'exploitation des richesses fossiles, à la Chine celle de ses deux milliards de bras (soit un milliard d'individus: la Chine baptisée 'l'Usine du Monde'), à l'Inde le privilège d'être 'le Bureau du Monde', c'est-à-dire une sorte de géante Silicon Valley rassemblant les génies planétaires. Si ceci s'avère vrai, bravo l'Inde qui sera entrée dans le troisième millénaire par la bonne porte.

Mais quid de l'Europe et des Etats-Unis ? Le tiroir caisse mondial d'outre-atlantique semble pour le moins ébranlé : la liquidation du gang Lehmann Brothers par le gang Golden Sachs n'étant pas du meilleur effet, ajoutez-y les subprimes (où comment s'endetter tout seul pour mourir plus tôt), plus quelques guerres ici ou là dont les initiateurs ne savent même plus le pourquoi du comment (si ce n'est faire tourner les industries d'armement U.S.),  et l'on voit bien que l'Amérique de demain, sauce Obama ou McCain, a quelque souci à se faire pour revendiquer son positionnement de moi-moi-maître-du-monde.

Et l'Europe, l'Europe vous dis-je ? On pourrait imaginer qu'elle prenne le leadership du développement durable, qui crée des emplois, pulse l'innovation technologique, assure l'indépendance énergétique (+ eau) des pays, et, ce qui n'est pas rien, est réputé bon pour la santé. Quand on n'a pas le sous-sol, les bras, la technologie, la finance, il faut bien se trouver un espace pour exister. Un truc qui aurait du souffle, côté conquête de la lune, si vous voyez ce que je veux dire, une artère un peu plus grosse que notre "Grenelle de l'Environnement", dont nous sommes si fiers, mais qui ne débouche que sur quelques 'écotaxes' supplémentaires, ça aurait de l'allure.

Mais, pour l'instant, à part quelques milliers, millions, milliards d'euros (on s'en fout) investis virtuellement (cautions) ou réellement (entrées dans le capital) par l'Etat et notre bien-aimé Souverain, je ne vois toujours pas quel est le grand projet collectif qui pourrait porter, pour les Européens, l'idée d'être dans 10, 15, 20 ans le "champion" de quelque chose.

Beaucoup de gens confondent l'urgent et l'important. C'est vrai que sans présent il n'y a pas d'avenir. Mais c'est vrai aussi que sans avenir, le présent n'a pas de sens.

Par Patrick d'Elme
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Jeudi 23 octobre 2008
Je n'ai pas encore lu son livre Un homme très recherché, mais je vais m'empresser de le faire. En ces temps de "crise" (= opportunité) économique où les petites fourmis que nous sommes courent en tous sens, s'affairent, prédisent doctement, regrettent de n'avoir pas été écoutées quand elles prédisaient déjà doctement (Ah! bon ?, elles disaient quoi les fourmis "expertes" ?), qu'il est bon de lire l'interview de John le Carré dans l'Express de ce jour (extraits) :

- Le problème est que, lorsque la guerre froide s'est terminée, personne n'avait de plan : au lieu de redessiner le monde, nous nous sommes enrichis, ignorant tous les grands problèmes de la vie. (...) Vous verrez que la même chose adviendra lorsque la crise financière mondiale que nous traversons actuellement se sera tassée.

- En Russie, j'y retourne régulièrement et je suis frappé de voir à quel point le racisme y est présent, tout comme il l'est aux Etats-Unis.

- La torture ne sert à rien : prenez le temps de vous rapprocher de quelqu'un, et vous pourrez le rallier à votre cause, le retourner. Le pire, c'est qu'avec la torture vous obtenez très souvent des informations erronées.

- Il faudrait surtout se débarasser de ce dinosaure qu'est l'Otan. Cessons de nous croire, nous, Européens, en opposition avec la Russie, et rapprochons-nous d'elle. L'époque actuelle est marquée par le transfert du pouvoir de l'Ouest vers l'Est : la Russie, mais aussi la Chine.

John le Carré, 77 ans, quelques idées à donner aux jeunes générations. A Sarkozy ? 
Par Patrick d'Elme
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Samedi 18 octobre 2008
J'étais invité ce soir à un cocktail (eh! oui, ça existe encore!) donné par Canal Plus, place de la Victoire, près de chez moi à Bordeaux. Deux à tois cent manifestants en empêchaient l'accès. J'interroge l'un des responsables de la sécurité: "De quoi s'agit-il ?" - "Ce sont des Arméniens qui manifestent contre les Turcs... ou des Turcs contre les Arméniens, je ne sais pas" - Alors moi: "Je suis Arménien, ce n'est pas exactement la même chose" - "Oh! moi, ça m'est égal, j'aime bien les Arméniens, ils ne me dérangent pas..."
Renseignements pris, c'étaient des Kurdes. Enfin, tout ça c'est des étrangers...
Cette semaine était dédiée à "La Marseillaise", qu'un sang impur abreuve nos sillons. C'est difficile de vivre ensemble.
Par Patrick d'Elme
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Jeudi 9 octobre 2008
Je suis avec beaucoup d'intérêt la lettre mensuelle d'un consultant, Philippe Cahen, lettre intitulée "les signaux faibles" (pour en savoir plus: cahen.philippe@orange.fr). C'est très souvent pertinent, et j'aime cette façon d'appréhender le futur que m'avait d'ailleurs apprise Gérard Demuth, petit génie de la Cofremca, qui lisait déjà, il y a 30 ans, les "signaux faibles" avec subtilité et intelligence.
Je ne résiste donc pas au plaisir du copier-coller et vous livre sans retouche deux des signaux qu'il a relevés ce mois de septembre. Evidemment, ceux qui me lisent habituellement comprendront que j'adhère à l'ensemble de cette réflexion et, plus précisément, à son diagnostic concernant la grande distribution.

Signal faible 10 : le multicanal est une évidence, pas une solution.

Nous vivons ces jours-ci la même bulle qu’en 2000 lorsqu’une entreprise annonçait la création d’un site Internet et que son cours grimpait de 10% en Bourse dans la foulée. Chacun découvre la pierre philosophale avec le « multicanal » (ou le multimodal) : TF1 développe le « JT off » et veut une radio sur la RNT (radio numérique terrestre), le Nouvel Obs se veut un site Internet avec un magazine (comme Libé avec un quotidien), Air France veut l’AGV, Fnac développe sa billetterie avec Tick&Go dans les tabacs, Boulanger (le n°2 de l’électrodomestique) se veut multimodal généraliste, discounter, pure-player, grossiste, prestataire de service, et l’on pourrait citer Apple, Nokia, Microsoft, Google qui vient de lancer Chrome, etc.

L’évidence est que le client/le consommateur changera encore plus vite demain qu’aujourd’hui. Il y a 4 milliards de téléphones portables dans le monde soit près de 2/3 Terriens, dans quelques années ils seront encore plus nombreux et auront tous Internet. C’est le consommateur qui est multicanal ou multimodal ! Il faut d’abord se poser la question « quel est mon métier », puis « comment mon client m’achète » et mon client est/sera multicanal par nature.

 Signal faible 11 : voila pourquoi le hard-discount écrase les grands hypers, et encore plus demain qu’aujourd’hui.


 

Par Patrick d'Elme
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Jeudi 9 octobre 2008
Ne manquez surtout pas en ce moment le spot publicitaire t.v. du CIC (ma banque! ciel! mon découvert!) qui recommande de choisir son offre de crédit plutôt que celle des concurrents. Pourquoi ? Parce que le monde bouge !
Par Patrick d'Elme
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Jeudi 2 octobre 2008

Avant d'aller plus loin, je dois préciser que j'ai commencé ma carrière comme instituteur (métier élevé depuis au rang de "maître des écoles", mais sans valorisation de la feuille de paie) et que j'ai passé trois pleines années (de courant 65 à février 68, tiens-tiens ?) au sein de cette grande, très grande institution qu'on appelle "l'Education nationale". A l'heure de l'Europe et de la mondialisation, peut-être devrait-on s'interroger - dans l'intérêt des élèves - sur l'importance du mot "national". L'idée de privilégier la pratique des langues "étrangères" ne pourrait nuire. Des années plus tard, j'ai été nommé par Lionel Jospin, ministre de l'Education nationale (la même) chargé de cours (ou quelque chose comme ça) à la Sorbonne et plus précisément au Celsa, l'unité spécialisée en communication. J'avais une belle carte barrée bleu/blanc/rouge, c'était le bon temps!

Tout ceci pour vous dire que je n'ai rien contre cette corporation où, comme partout, on trouve le pire et le meilleur. Le pire, plutôt chez les administratifs, les responsables syndicaux, les inspecteurs et autres du même accabit, c'est-à-dire chez les p'tits chefs,  le meilleur, souvent, parmi ceux qui sont sur le terrain et qui se battent avec le réel.

Il y avait dans l'air du temps une assez bonne idée, c'était de mettre un peu d'évaluation dans le système. Comme c'est le cas dans toutes les entreprises... et même maintenant pour les chômeurs. Il ne s'agissait évidemment pas de mesurer la performance de chaque instit (pardon "maître des écoles!) par rapport à "son" CE 1 ou CM 2, mais de voir si certaines "académies", comme on dit, étaient notoirement plus mauvaises (ou meilleures) que d'autres.  Ce qui est une réalité. Et de le dire aux consommateurs (pardon encore une fois, aux "parents d'élèves").

Bien sûr, vous voyez se profiler derrière ce type d'investigations plein de choses désagréables : combien d'enseignants sont-ils affectés réellement à l'enseignement des élèves, combien sont "détachés" auprès des syndicats, combien se font, plus que d'autres, porter pâles, etc. Et pouquoi pas des statistiques tant qu'on y est ? Outrage !

Bref, M. Darcos a jeté l'éponge. La toute puissante FEN, qui avait eu la peau de Claude Allègre, le chasseur de Mammouth, continue de règner en maîtresse absolue. Et qu'importe que la fabrique à crétins en fabrique de plus en plus. Touche pas à mon école, touche pas à mes privilèges, et, surtout... ne te mêles pas d'évaluer mes compétences ! Ceux-là sont vraiment indécrottables.

Par Patrick d'Elme
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Mardi 30 septembre 2008
Nous savons maintenant, de source sûre, un témoin oculaire l'ayant vu à 60 mètres (témoin certes aussitôt placé en garde à vue), que M. Fillon utilise un jet de l'armée pour rentrer chez lui, le dimanche soir, de la Sarthe à Paris, via Villacoublay. Il n'est pas certain que ce soit le moyen le plus commode (pas mal de correspondances!), pas sûr non plus que, de porte à porte, comme on dit, ce soit le plus rapide, pas évident qu'en matière de CO2 ce soit le plus performant, mais on sait que c'est le trajet le plus cher sur la distance. Et le plus "classieux". Evidemment,  en ces temps de disette économique, sur le Net, les internautes râlent un peu. Que des jaloux !

On s'en doutait, les postiers, héritiers des PTT (petit travail tranquille), ne sont pas des stakhanovistes. Et d'ailleurs pourquoi devraient-ils l'être ? Mais on ne connaissait pas l'ampleur du désastre qui, bien entendu, conduit cette administration vers sa seule issue possible: la privatisation. C'est Jean-François Dannely, secrétaire de la CGT-Postes-Télécommunications,  donc une source sûre, qui l'avoue pour expliquer le faible nombre de grévistes à comptabiliser: "Les chiffres que donnent la Poste seront minorés puisque les 30% d'absents quotidiens (pour cause de maladie, formation...) ne peuvent se déclarer grévistes." Un type sur trois qui se repose pendant que les deux autres bossent... ça fait beaucoup, non ?

Dans les autres nouvelles "de source sûre", on est rassuré de savoir que le mouvement "Touche pas à..." (cf. des Post précédents) reprend de la vigueur avec "Touche pas à mon hôpital", au motif excellent qu'il vaut mieux avoir un mauvais hôpital près de chez soi qu'un bon un peu plus loin.

Enfin, pour terminer cette revue de presse réjouissante, ça fait du bien de lire ici et là les analyses des "experts" de Natixis, la banque française la plus en déroute et peut-être prochainement en faillite. Donc, cette banque n'a plus d'argent, mais il lui reste des "experts". Ouf !
Par Patrick d'Elme
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Jeudi 25 septembre 2008
Le discours de Nicolas Sarkozy ce jour à Toulon restera dans l'Histoire aussi marquant que celui d'Hugues Capet, voici un peu plus de mille ans, à Bécon-les-Bruyères (1ère à gauche en sortant de la gare). Aujourd'hui, même quand on a rien à dire, n'en eut déplu à Audiard, il faut parler pour remplir les micros. Des mots, des mots...

Aux Etats-Unis, les clowns font semblant de s'accorder autour de l'Union sacrée. Sacrée Union en effet qui a jeté hors de ce qu'ils croyaient être leurs "chez eux "des dizaines de milliers de familles pauvres. Les vautours sont sur place.

Cette crise, cette soi-disant crise, en fait la crise des banques, va couter aux contribuables américains 700 milliards de $, peut-être 1000, voire 2000. Et chez nous, en Europe, quelques milliards d'€, des broutilles, des dégats collatéraux.Ce ne serait pas cher payé si ça nous débarassait une fois pour toute des usuriers qui sans cesse refleurissent sur le purin qu'ils fabriquent, avec des formes toujours renouvelées, toujours plus modernes, et qui même exhibaient sans pudeur leur fortune il y a quelques semaines à peine.

Mais saura-t-on le faire ? Quelqu'un disait il y a peu dans un débat télévisé que si on taxait  massivement les trop riches (facilement repérables) partout dans le monde, ça dégagerait pas mal de ressources à répartir pour les plus ou moins pauvres. Un autre rétorquait que les très riches trouveraient toujours des "paradis fiscaux" et quitteraient notre douce France... Ben, qu'ils les trouvent, qu'ils s'en aillent, qu'est-ce qu'on en a à faire puisqu'on s'interdit de prendre le produit de leurs spéculations destructrices.
Par Patrick d'Elme
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Jeudi 18 septembre 2008
Alors qu'il se confirme de toutes parts ce que j'annonce depuis longtemps, et bien avant la création de ce blog, notamment dans la presse économique (Les Echos, La Tribune), à savoir l'inexorable déclin en France des hypermarchés, deux déclarations à la presse de décideurs économiques, et non des moindres, me font douter qu'ils soient en prise sur le réel.

La première émane de Bernard Arnault, qui convient que sa prise de participation dans Carrefour "n'a pas été sa meilleure affaire", mais qui imagine une relance possible de la formule par un renouvellement de l'offre textile. Certes, la presse indique qu'il commence tout juste à visiter "ses" magasins (après avoir perdu un milliard d'euros, il était temps en effet, peut-être même eut-il dû le faire plus tôt...) , mais il faudrait lui conseiller d'une part de visiter aussi les galeries marchandes qui regorgent d'enseignes compétentes sur ce secteur, et d'autre part de s'intéresser à l'historique des parts de marché des hypers dans le textile. 
Chez Carrefour, en dépit de multiples tentatives pour couvrir le segment d'une hypothétique "mode populaire" toutes vouées à l'échec, le textile n'a jamais dépassé 12 à 13% du C.A. des magasins. Parce que les fondamentaux de ce métier, c'est-à-dire la rotation très rapide des collections, telle que le pratiquent les Zara, H & M et consorts, sont aux antipodes de ceux de Carrefour. Pour être honorable dans le textile, l'hyper doit présenter une offre très professionnelle dans le permanent : le "blanc" (devenu coloré avec le temps, draps, éponges..., et qui n'est plus "saisonnier"), les sous-vêtements, chaussettes, collants, tee-shirts (et ça devient, parce que l'offre complète est rare, un réel facteur de venue), des chemises, jeans... Le savoir-faire de M. Arnault, incontestable dans l'industrie du luxe, ne sera pas d'un grand secours à Carrefour.

La seconde provient d'un personnage moins connu, Christophe Cuvillier, 45 ans, mais cependant Pdg de la Fnac, ce qui n'est pas rien. Cet ami de François-Henri Pinault, qu'il a connu "en 1982, sur le campus d'HEC", va "multiplier les ouvertures de magasins en France dans les zones de chalandise où nous n'étions pas, notamment dans des centres commerciaux à la périphérie des agglomérations." Etonnant, non ?

Plus étonnant encore, le même jeune Pdg pense qu'il "y a d'autres types d'articles sur lesquels nous ne sommes pas assez forts et sur lesquels nous devons nous développer; c'est le cas des jeux video et des produits dérivés autour de la musique: tee-shirts, badges, figurines..."

André Essel, le fondateur de la Fnac, doit se retourner dans sa tombe !
Par Patrick d'Elme
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