Je lis dans Le Monde d'hier qu'un certain Philippe Moati, directeur d'études au Credoc, pense que "l'hyperconsommation, dont le modèle reste
l'hypermarché à la française, est en perte de vitesse. Sensibilisés aux enjeux environnementaux, les Français éliminent le superficiel et le superflu.
" Plus loin, Mme Dominique Lévy-Saragossi, directrice des études stratégiques à TNS-Sofrès, affirme qu' "avec le vieillissement de la populaion, les
ménages n'ont plus forcément besoin de faire leurs courses dans les hypers de la périphérie. Un lieu rejeté par les classes moyennes comme symbole d'une consommation débridée passée de mode."
Ce même jour, dans Capital, Philippe Houzé, président du Groupe Galeries Lafayette (et donc de Monoprix), ne dit pas autre
chose: "Les hypermarchés souffrent en ce moment. Ils sont trop grands et le choix est trop important, ce qui occasionne une perte de temps."
Celles et ceux qui me lisent depuis longtemps dans la presse économique ou sur ce blog n'ont pas eu besoin d'attendre le lendemain de Noël 2008 pour connaître cet inéluctable destin. Que j'ai eu raison un peu avant d'autres, je n'en tire aucune gloire. Comme disait Edgar Faure: "On a toujours tort d'avoir raison trop tôt".
En réalité, ce qui me surprend le plus c'est qu'un "petit génie de la finance", Bernard Arnault, ait investi autant de sa fortune dans ce secteur en perdition. On raconte qu'il s'agissait de faire un coup spéculatif (avec M. Bazin) sur les actifs immobiliers. Sans doute, mais alors ce n'était pas très élégant... et, surtout, c'est raté.
Dans un roman publié en 1997 (Coeur d'Afrique), Eric Fottorino, devenu depuis le patron du quotidien Le Monde, écrivait: "Un article est une grande soustraction, une merveilleuse ellipse [...] Sujet, verbe, sujet, verbe... pour les adjectifs, revenez me voir demain."
Cette lecture me rappelle une anecdote. Quand j'ai rédigé l'un de mes premiers rapports annuels pour une entreprise du CAC 40, le p.d.g. m'avait dit: "Ce texte est vraiment parfait. Supprimez tous les adjectifs, il n'en sera que meilleur".
"L'arrestation musclée de l'ancien directeur de publication de Libération tombe mal alors que les Etats généraux de la presse battent leur plein", titre France-Soir. Moi, je trouve qu'elle tombe plutôt bien, puisque ça permet d'en parler.
Chacun doit savoir que tous les matins, sur le coup de sept heures, voire un peu avant, des dizaines d'équipes de policiers ou gendarmes réveillent, partout en
France, des dizaines de "présumés innocents", rarement journalistes, à grands coups de pied dans les portes, devant des enfants effarés, le gyrophare bleu tournant sur les voitures, histoire de
s'assurer que tout le voisinage soit au courant, qui pour délivrer un mandat d'amener, qui pour ouvrir une garde à vue.
Dans notre démocratie soi-disant civilisée, les juges - et leurs complices, les "forces de l'ordre" - disposent de pouvoirs exhorbitants au mépris de toute humanité pour
leurs concitoyens... qui pourtant les financent. Tout ceci est occulté, parce que dans 5% des cas il s'agit d'intercepter des personnes réellement malhonnêtes, et dans 1 pour mille des criminels
ou délinquants.
Mais les 95% de "présumés innocents"... qui vont se révéler réellement innocents, quel recours ont-ils contre ces abus de pouvoirs, violents, oui, violents, qu'ils ne méritaient pas ? Aucun. Et
ce n'est pas Mmes Dati et Alliot-Marie qui vont arranger la situation !
C'est ici, me dit l'Administration de mon Blog, mon centième "Post". Ca se fête, chers lectrices et lecteurs !
J'ai souvent écrit sur Carrefour qui a occupé presqu'une quinzaine d'années de ma vie, du temps où j'étais responsable de sa communication et proche de ses fondateurs (cf.
mes "posts" du 21.01, 9.03, 29.06, 3.O7, 10.07, et sans doute quelques autres que j'oublie).
Le Figaro d'aujourd'hui m'en redonne l'occasion en publiant un long article sur une pleine page sous le titre : "Carrefour rapetisse ses grands hypermarchés". On leur a même
donné un nom: les TGH, c'est-à-dire les "très (ou trop ?) grands hypermarchés". S'agit-il d'une revanche des nains de jardins, ceux-là même avant-hier méprisés et décrits comme
des MVR (magasins à volumes réduits) ?
Même pas. Il suffisait, depuis des années, de regarder autour de soi pour comprendre qu'une nuée de magasins spécialisés occupait de plus en plus tous les créneaux du
non-alimentaire (électroménager, textile, sport, culture, etc.) avec un meilleur assortiment et de meilleurs prix, que la population vieillissait, que la taille des "foyers" ne cessait de se
réduire, que le temps devenait la matière la plus rare, malgré l'allongement de l'espérance de vie, que "prendre la voiture pour aller faire des courses" n'était plus un plaisir , que
l'énergie serait toujours plus chère, que la proximité devenait écologique.
Mais ceux qui étaient aux manettes, dont Daniel Bernard, Monsieur Parachute Doré (MPD ?), n'ont rien vu venir.
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